Rédacteurs : Président de la SFC : D. SERFATY (France). Vice-Présidents de la SFC : J. ABBOUD (Liban), KANE AMADOU RACINE (Mauritanie),J. BITZER (Suisse), M. BOUZEKRINI (Algérie),M. BRINCAT (Malte), H. CHELLI (Tunisie),B-T. BONANE (Burkina-Faso), U. GASPARD (Belgique),B. GUIFO TAGNE (Cameroun), E. GUILBERT (Canada),N-D. HINH (Vitenam), Y. HYJAZI (Guinée),J-C. MOREAU (Sénégal),M. NAYAMA (Niger), N. OGOWET IGUMU (Gabon),R-X. PERRIN (Bénin), M. TRAORE (Mali), C. WELFFENS-EKRA (Côte d'Ivoire),M. YACOUBI (Maroc). Secrétaire Générale de la SFC : N.HOMASSON (France). Trésorier de la SFC : R. DREYFUS (France).

e-journal de contraception

de la societe francophone de contraception

N°1 (15 Janvier 2012)

Contraception moderne : il n'y a pas que la pilule !


Si on se réfère aux Nations Unies (World Contraceptive Use, 2011), la prévalence des méthodes modernes réversibles de contraception, dans les 20 pays francophones représentés à la Société Francophone de
Contraception (SFC) est celle figurant dans le tableau 1.
Ce tableau permet de faire les remarques suivantes :

La pilule estroprogestative (EP) est, dans les pays francophones, la méthode la plus utilisée en Algérie (45,9%) suivie par la Belgique (44,8%),
la France (41,5%) et le Maroc (40,1%), et la moins utilisée
au Bénin (1,5%), en Guinée (1,6%), et au Cameroun (1,9%).

Le pays francophone où le dispositif intra-utérin (DIU) est le plus utilisé
est le Vietnam (43,7% ) suivi par la Tunisie (27,8%)
et la France (22,7%).
Il est le moins utilisé au Burkina Faso, au Cameroun, en Guinée, au Mali et au Niger (0,1%).

Le pays francophone où les injectables + les implants sont les plus utilisés est le Burkina-Faso (7,0%) suivi par le Sénégal (3,8%) et le Cameroun (2,9%).


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Quant au préservatif masculin, c'est, parmi les pays francophones, à Malte qu'il est le plus fréquemment utilisé (21,9%) suivi par le Canada (15,0%) et la Suisse (14,2%). Il ne semble pas utilisé significativement au Niger.

La prévalence contraceptive dans ces 20 pays se caractérise donc par des similitudes mais également par de grandes dissemblances, la pilule semblant être globalement la méthode contraceptive réversible la plus utilisée en francophonie comme c'est le cas en Europe, le DIU semblant être la deuxième méthode, alors que c'est la première méthode de contraception réversible à l'échelon mondial.


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 Une analyse approfondie de ce profil contraceptif devrait orienter l'action des responsables des pays francophones représentés à la SFC et de leurs équipes, en vue du contrôle des naissances dans leur pays en tenant compte , dans le respect de leur identité nationale, que les méthodes de contraception dites de longue durée (DIUs, implants, injectables) (LARC des anglo-saxons) sont les plus performantes en matière de coût/efficacité (se reporter au tableau 2).

Les prescripteurs et les utilisatrices de contraception devraient constamment se rappeler qu'il n'y a pas que la pilule et que pour les femmes adeptes de la contraception EP, il existe aussi, dans de nombreux pays, le patch contraceptif EP (hebdomadaire) et l'anneau vaginal EP (mensuel). De plus les adeptes de la pilule, du patch, de l'anneau vaginal et du préservatif devraient être systématiquement informées des possibilités et des limites de la contraception d'urgence. Elles pourraient, un jour, en avoir besoin.


Article rédigé par :

David SERFATY